Riz doré : les OGM au service de la lutte contre la malnutrition

Golden Rice grain compared to white rice grain in screenhouse of Golden Rice plants.

La malnutrition est un fléau qui touche de nombreux pays en voie de développement. Caractérisée par l’absence de nourriture suffisante ou une alimentation non adaptée – conduisant par exemple à des  carences en fer, en iode, en zinc ou en vitamine A – elle est la cause sous-jacente de mortalité infantile. L’OMS rapporte que 45 % des 5,9 millions de décès d’enfants de moins de cinq ans en 2015 sont dus aux effets de la malnutrition. Les 1 000 premiers jours de la vie d’un enfant sont critiques pour prévenir la malnutrition infantile et les effets irréversibles qu’elle peut engendrer : handicap, problèmes de croissance etc. De plus, les problèmes de nutrition rendent les enfants plus vulnérables aux maladies graves comme les diarrhées aigües, les pneumonies etc.

L’innovation technologique au service de la lutte contre la malnutrition

Certains les appellent OGM de deuxième génération. Ces organismes génétiquement modifiés ont été conçus pour croître en milieux difficiles (sécheresse, sols à haute teneur en sel, etc.), pour présenter des avantages nutritionnels ou gustatifs, ou encore pour produire des médicaments. On les oppose aux OGM de première génération qui ont une autre utilité pour l’agriculture : résistance à des produits de protection des plantes, lutte contre certains ravageurs, ou amélioration de la production.

Sujets de recherches depuis plusieurs années, les OGM de seconde génération  intéressent les experts car ils peuvent aider dans certains cas à résoudre l’un des grands défis de notre siècle : nourrir une population de plus en plus grande dans un contexte de diminution des ressources disponibles et de changement climatique. Ils représentent également un espoir pour lutter contre certains grands fléaux de l’humanité.

L’un des exemples connus est le « riz doré », un riz enrichi en vitamine A. Mis au point par des chercheurs allemands et suisses dans les années 90, ce riz transgénique a pour objectif de lutter contre la malnutrition et notamment contre la carence en vitamine A – responsable de graves troubles oculaires, de cécité infantile et de décès – qui affecte, d’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) près de 190 millions d’enfants en âge préscolaire.

Selon l’Irri, l’Institut international de recherche sur le riz, en charge du développement du riz doré, les études démontrent que la supplémentation de vitamine A pourrait réduire la mortalité des enfants âgés de moins de 5 ans de 24 à 30 %. De même, la disponibilité de la vitamine A via le riz doré pourrait empêcher la mort de 1,3 à 2,5 millions des 8 millions d’enfants préscolaires qui décèdent chaque années dans les pays en voie de développement qui présentent les plus hauts risques de carence en vitamine A.

Aujourd’hui, le riz doré n’est pas encore disponible auprès des agriculteurs. Il est l’objet d’un programme spécifique de développement et d’évaluation agronomique et nutritionnelle mené par l’Irri.

Sources

http://irri.org/golden-rice/faqs/what-is-the-status-of-the-golden-rice-project-coordinated-by-irri

http://www.ogm.org/

http://www.goldenrice.org/

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