OGM : histoire de semences améliorées

Depuis leur mise en culture en 1996, les organismes génétiquement modifiés (OGM) suscitent des débats et des questions en France et dans d’autres régions du monde. Cependant, beaucoup ignorent la réalité des cultures génétiquement modifiées : qu’est-ce qu’un OGM, comment sont-ils mis au point et dans quel but ?

Retour sur l’histoire des OGM afin de mieux comprendre ce qui se cache derrière cet acronyme.

OG

Organisme Génétiquement Modifié : derrière ces mots techniques se cache une méthode de production d’organismes vivant, en particulier les semences de cultures, qui consiste à apporter une amélioration génétique en introduisant dans la séquence d’ADN (c’est-à-dire le patrimoine génétique) un ou plusieurs « gènes » –c’est-à-dire une ou plusieurs courtes séquences d’ADN d’une autre espèce, qui confèrent une caractéristique nouvelle et intéressante. C’est ce qu’on appelle la transgénèse qui permet aux scientifiques de mettre au point des variétés de semences avec des caractéristiques utiles à l’agriculteur : résistance à la sécheresse ou au stress hydrique, teneur en vitamines améliorée, résistance à certaines maladies etc.

De l’état de recherche à la mise au point des premiers OGM

Si les premiers OGM sont apparus dans les laboratoires dans les années 70, ils sont le fruit de nombreuses années de recherche. En effet, depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l’explosion démographique mondiale et la demande alimentaire accrue ont bouleversé le secteur de l’agriculture. Les scientifiques ont alors recherché de nouvelles méthodes pour augmenter la production alimentaire, mieux répondre à la demande qualitative et nutritionnelle d’une population en croissance, tout en préservant les ressources naturelles, de moins en moins disponibles.

C’est la découverte de l’universalité de l’ADN dans les années 60 et les programmes menés par les instituts de recherche, les universités et les entreprises privées qui ont permis de mettre au point le premier OGM.

En 1973, on identifie le plasmide Ti dans une bactérie du sol appelée Agrobacterium tumefaciens. Ce plasmide – c’est-à-dire une courte séquence d’ADN  – permet aux chercheurs d’insérer un gène (ou plusieurs) responsable d’un caractère recherché (par exemple la richesse en vitamine A) et agit comme un transporteur de ce gène vers le génome d’une plante ou d’une culture (par exemple le riz).

En 1983, le premier végétal transgénique est proposé : c’est un plant de tabac résistant à un antibiotique. Par la suite, la recherche évolue. Ainsi, en 1986 on réalise les premières expérimentations en champs ; en 1987 on assiste à la création d’une plante génétiquement modifiée pour résister à un herbicide total ; et en 1988 on met au point la première plante génétiquement modifiée pour synthétiser un médicament.

La commercialisation

C’est dans les années 90 que sont commercialisés les premiers OGM. Des feuilles de tabac résistantes à une maladie tout d’abord, puis une tomate à maturation retardée en 1994, facile a stocker et à conserver. Par la suite, ce sont principalement des céréales (maïs), des cultures de soja, de colza et coton ainsi que quelques fruits et légumes génétiquement modifiés qui apparaissent sur le marché.

Aujourd’hui, les OGM sont cultivés dans de nombreuses régions du monde comme en Amérique du nord et du sud, en Afrique et en Asie. En Europe – à l’exception de l’Espagne, du Portugal et de la République tchèque – les cultures génétiquement sont refusées par le public ou interdites par les Etats. Les importations d’OGM sont pour autant largement autorisées et des quantités importantes de maïs et de soja OGM sont utilisées en Europe.

Les entreprises privées comme Monsanto continuent de développer cette technologie utilisée avec satisfaction par plus de 16 millions de paysans dans le monde. Elles investissent dans la recherche pour proposer des semences bénéfiques pour les agriculteurs et les consommateurs. En Europe, Monsanto a orienté sa recherche sur le développement de variétés de maïs, de colza et de cultures légumières améliorées par des méthodes conventionnelles, non OGM.

Les OGM ne constituent pas une solution unique aux problèmes posés par l’agriculture de demain. Ils font partie d’un panel d’outils complémentaires pour aider les agriculteurs à faire face aux enjeux de croissance démographique, d’alimentation de qualité et de changement climatique.

 

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